02 Septembre 2026, on plonge dans l’inconnu,
On part un an autour du monde, tous les 3… 24/7. Nous les solitaires, les introvertis.
Toujours pas très organisés, toujours un peu désorientés.
Au moment précis où j’écris cette ligne, je suis interrompue… je n’arrive décidément pas à avoir l’espace pour écrire librement.
Pourtant le temps j’en ai rarement eu autant… Sans avoir de contraintes imposées, sans emploi du temps fixe. Mais la vie à 3 en permanence fait que j’ai peu d’espace de véritable liberté, de solitude choisie. Il ne tiendrait sans doute qu’à moi de les prendre. Pour le moment je n’ai pas su. Soit l’environnement ne me semblait pas propice, soit je n’étais pas d’humeur, ou pas dans l’énergie… bref… je me sens un peu dans le vide, un peu flottante. Que faire de tout ce temp ?
Je cherche mes mots, l’espagnol se mêle à l’anglais, à l’italien… Je cherche mes affaires, je ne les trouve presque jamais du premier coup… suis-je si mal organisée ? Peut-être… et en même temps comment organiser le changement permanent ?
Je ne sais pas encore…
Le Chili me désarçonne, ce voyage me trouble plus que je ne l’avais imaginé.
Gabrielle se plaint quotidiennement de l’éloignement, de ses habitudes qui lui manquent, de noël qu’on va passer loin de la famille, de ce choix qui est le notre pas le sien… Tout ce qu’elle n’a pas su exprimer avant et qui sort maintenant, et c’est légitime. Et elle admet aussi que derrière ses peurs, il y a l’excitation de la découverte. Et bien sûr une part de moi penche vers le doute, la culpabilité…
A-t-on commis une énorme erreur ?
Et puis je me dis qu’on vient de commencer, qu’on ne part pas un an comme un mois, qu’on a encore un peu de route à faire avant de trouver notre rythme, nos marques.
Un an à contre-courant du système et du rythme imposé ? Un an d’espace vide… c’est vertigineux…
Pour le moment j’en suis encore à osciller entre l’envie de ne rien faire, de regarder le temps s’écouler… et le besoin de meubler (qui est souvent parent avec une légère forme de culpabilité ; Il faudra bien que je raconte TOUT ce que j’ai vu …) : Qu’est ce qu’on va bien pouvoir faire demain ?
Écouter, sentir, ressentir, observer… pleinement, totalement.
J’ai souvent entendu avant de partir : « vous verrez ce genre de voyage resserre les liens. ». Je commence à comprendre. Nous formons une micro communauté de 3 personnes. Nos choix, nos contraintes dans ce contexte inconnu, où nous n’avons plus aucune habitude ou routine, nous oblige à communiquer beaucoup plus, à tenir compte les uns des autres avec encore plus de patience. Ici nous avons perdu nos systèmes de repli, de fuites, d’esquive… tout cela ne fonctionne plus. Nous devons réinventer notre vie ensemble, et ça c’est passionnant.
À bientôt,
Sophie
N.B. Bon là j’ai parlé de nous… la prochaine fois, je parle du Chili :-)