LATITUDE #4 Se sentir libre, c'est... avoir le temps.


LATITUDE #4 Se sentir libre, c'est... avoir le temps.

Janvier 2026

Se sentir libre, c'est... avoir le temps.

Ou prendre le temps ? Ou prendre son temps ? Ou

gagner du temps ? Ou trouver du temps ? Ou défier

le temps ? ... Et si le temps n'était qu'une illusion ?

Je n'ai pas vu passer le temps… Cela fait presque 50 ans que je suis sur

cette terre, avec cette sensation vertigineuse, que nous avons tous, que

le temps passe de plus en plus vite.

Hier encore j’avais 20 ans… (Ah cette chanson…) N’as-tu jamais ressenti ce

décalage entre ta perception du temps et une certaine réalité qui se

matérialise encore davantage dans le regard des autres ?

Dans le regard de ces générations qui arrivent derrière nous, qui

deviennent adultes alors même qu’hier encore, ils n’étaient que des

projets…

Se sentir libre c'est ... avoir le temps de prendre le temps...ou l'inverse ?!?

Ces générations qui nous appellent, Madame ou Monsieur, alors qu’on

pensait être des « potes », ces générations qui sont déjà des

professionnels accomplis, alors qu’on a l’impression qu’on vient juste de

démarrer… et qu’on a encore tellement à apprendre, à découvrir ?

Oui le temps passe vite… et en même temps, 1 seconde reste 1 seconde,

il y a toujours 60 secondes dans 1 minutes, 60 minutes dans 1 heure et la

terre tourne toujours autour du soleil en à peu près 365 jours… et ce

depuis l’antiquité.

Alors pourquoi cette sensation permanente que le temps nous

échappe ?

L’homme a créé le temps pour appréhender son environnement, alors

pourquoi cette impression de ne pas du tout le maîtriser ? Et même

l'impression que c'est lui qui nous tient, nous contient, exerce son pouvoir

sur nous ?

On vit communément avec une vision linéaire du temps :

De la naissance à la mort.

De l'aube à la nuit.

Du printemps à l'hiver.

Une ligne droite. Avec un début connu – le passé – et une fin inconnue

– le futur.

Et c’est assez terrifiant quand on y pense… pas de retour en arrière

possible…

Mais il y a aussi cette autre dimension du temps : les cycles.

Le jour qui revient après la nuit.

Le printemps qui revient après l'hiver.

La lune qui croît et décroît.

Avec la notion d’éternel recommencement… sans fin connue certes, mais

avec l’idée que quoiqu’on traverse, rien de dure, tout change, et peut

renaître.

Alors comment faire ? comment vivre ce temps ?

La course au temps

J’ai été particulièrement étonnée cette année de recevoir des vœux pour

la nouvelle année avant même le 31 décembre.

Est-on si pressé de passer à autre chose ?

Je peux le comprendre. Quand on traverse une période di"cile, on a

envie que le temps passe vite. On se dit : "Dans 6 mois, ce sera derrière

moi." "Vivement que j’en sorte » On compte sur le temps pour régler nos

problèmes. C’est un piège !

En attendant que le temps passe, et atténue nos douleurs, on risque

d’oublier l'essentiel.

Demain ne se construit pas sans nous.

Demain ne se crée pas tout seul.

Demain, c'est aujourd'hui que ça commence.

Si je ferme les yeux, que je bouche mes oreilles en disant "demain ça ira

mieux"... j’oublie que je fais partie de demain. Demain sera ce que j’en

fais. Aujourd'hui.

Le temps qui file vs le temps qui dure

As-tu remarqué que le temps passe beaucoup plus vite quand tu cours

après lui ?

Les moments où tu es en pilotage automatique — métro-boulot-dodo,

courses-repas-vaisselle, emails-réunions-deadlines — le temps file !

Tu ne vois pas passer les jours. Les semaines se ressemblent. Les mois

défilent. C'est flou. C'est rapide. C'est oublié !

Maintenant souviens-toi. Quels sont les moments qui se sont inscrits

dans ta mémoire ? Je ne parle pas que des bons souvenirs, mais de ces

moments qui feront à jamais partie de ton histoire. Ces moments où tu as

été pleinement présente — une conversation profonde, un fou rire

incontrôlable, une nouvelle qui bouleverse – dans ces moments le

temps dure. Il est émotionnellement investi.

Dans ces moments tu crées du souvenir, tu crées ton histoire, tu crées

de la vie.

Alors peut-être que le problème, ce n'est pas que le temps file, c'est

qu'on ne l'habite pas assez.

On survole nos jours.

On coche des cases.

On répond aux sollicitations.

On gère les urgences.

Et on n'est pas vraiment là.

Alors je ne dis pas qu’il faille forcément vivre chaque seconde avec la

volonté d’en faire un miracle, un vertige sensationnel.

Par contre, il me semble important de prendre conscience que le temps

est un espace de liberté, de création, qui est extensible, souple et

qu’on peut apprivoiser.

Donner le temps au temps.

J’adore cette expression :) et ça veut dire quoi, concrètement ?

Ça veut dire arrêter de vouloir tout, tout de suite.

Arrêter de vouloir que ça change instantanément.

Arrêter de s'impatienter parce que ça ne va pas assez vite.

Arrêter de croire qu'on peut brûler les étapes.

Ça veut dire accepter que certaines choses demandent du temps.

  • Cicatriser demande du temps.
  • Apprendre demande du temps.
  • Construire demande du temps.

Ça veut dire le temps est une perception

1 minute n’a pas la même valeur quand tu tiens la planche en

gainage ou quand tu embrasses la personne que tu aimes.

1 heure ne file pas à la même vitesse quand tu attends des

résultats médicaux ou quand tu danses sans te soucier de rien.

1 année n'a pas le même poids quand tu as 7 ans ou quand tu en as

70.

Et si donner du temps au temps c’était faire du temps un compagnon

de voyage plutôt qu’un conducteur de train fou ?

Être patiente avec le processus.

Pour guérir une blessure, tu ne peux pas forcer la cicatrisation. Mais tu

peux nettoyer la plaie. Protéger. Laisser respirer. Tu ne peux que faire

confiance au processus, tout en en prenant soin.

Être active dans le présent.

Au lieu de dire "L'année prochaine, je changerai de job". Cette semaine, tu

mets mon CV à jour. Le mois prochain, tu postules à une première o#re.

Être constante dans l'action.

Tu ne seras pas marathonienne en courant 1 fois par an le 1 janvier, tu vas

avoir besoin de t’entraîner plusieurs fois par semaine, chaque semaine, et

recommencer encore et encore…

Accepter de s’arrêter parfois.

Si tu gardes la tête dans le guidon, tu ne vois plus la route, et la vie n’est

pas une piste lisse et sans défaut… alors pour éviter les chutes trop

douloureuses, lorsque tu sens que ça commence à aller trop vite,

apprend à t’arrêter, à observer avant de continuer.

Alors non, je ne peux pas arrêter le temps qui file, je ne peux pas rajouter

des heures dans ma journée, je ne peux pas ralentir la rotation de la

Terre. 

Mais je peux choisir comment j'habite le temps que j'ai.

Je peux choisir de vivre pleinement aujourd’hui

En arrêtant de m’attarder en permanence sur mon passé – si j’avais

su, pu, il aurait fallu… c’est passé, fini, tu ne peux rien y changer.

En évitant d’être uniquement dans mon futur hypothétique –

lorsque j’aurais, je serai, il y aura… ça n’existe pas, tu ne peux pas

savoir…

En étant consciente que c’est aujourd’hui que je suis vivante, que je

peux agir, poser mes actions, mes intentions, profiter de ma vie, de

mes ami.es, mes amour.s…. et oui, même mes emm...

Ceci étant dit, passons à la pratique :

L'expérience imparfaite 🙌🏼

Le rituel des 3 minutes de pleine présence.

Cette semaine, je te propose une expérience toute simple (et

pas si évidente).

Pendant une semaine, une fois par jour, choisis 3 minutes

minimum, durant lesquelles tu seras 100% présente.

  • Pas de téléphone.
  • Pas de multitâche.
  • Pas de "je fais ça vite fait en pensant à autre chose".

Juste 3 minutes où tu es pleinement présente. [utilise un

sablier ou un chrono au départ]

Durant ces 3 minutes tu peux faire une action très simple

comme :

  • Boire ton café
  • Regarder un paysage
  • Marcher (sans podcast dans les oreilles)
  • Te doucher...

Sauf qu'avant de commencer, tu vas poser l'intention de vivre

pleinement l'expérience, et donc, d'ouvrir tous tes sens ; ouïe,

vue, odorat, goût, toucher... Au départ, l'un après l'autre,

écoute pleinement, regarde, respire, ressens... Tu

redécouvres tes supers pouvoirs, et tu vas poser ton attention

sur chacune de tes sensations et la vivre, sans jugement,

juste ressentir.

Quoi que tu choisisses, fais le pleinement, pendant 3

minutes, sois totalement présente à toi-même.

.Au bout d'une semaine, note ce qui a changé. Tu verras : 3

minutes habitées ont un impact plus durable que 2 heures en

pilotage automatique.

La pépite créative ✨

Le calendrier à souvenirs

Pour ce mois de janvier, je te propose un exercice créatif que

j'appelle "Le calendrier à souvenirs".

Au lieu de te projeter dans l'année à venir en listant tout ce

que tu veux faire...

Regarde l'année passée et note 12 moments qui ont

comptés.

12 moments où tu étais vraiment présente.

12 moments dont tu te souviens.

12 moments qui ont laissé une trace.

Ça peut être :

  • Un fou rire
  • Une conversation importante
  • Un moment de solitude choisi
  • Une décision courageuse
  • Un échec ou une difficulté qui t'a appris quelque chose
  • Un instant de beauté capturé

Écris-les. Date-les si tu peux. Décris-les.

Et observe : qu'est-ce qui fait que ces moments-là ont

compté ? (Attention, il ne s'agit pas d'analyser, de juger... juste

d'observer avec conscience)

Qu'est-ce qui fait que le temps n'a pas filé, là, à ces instants

précis ?

Ça te donnera des indices précieux sur comment habiter

ton temps en 2026.


À tout bientôt,

Sophie

Imparfaitement... créative et libre 🐙