Décembre 2025
Se sentir libre, c'est... savoir ce qu'on veut vraiment !
Savoir ce qu'on ne veut plus, c'est déjà bien. Savoir ce
qu'on veut vraiment, c'est ESSENTIEL.
J'ai longtemps été assez fière de savoir mettre un terme définitif à ce que
je ne voulais plus. Dans ces cas-là, je ne tergiverse pas. Je tranche dans
le vif, et c'est fini.
Durant des années, j'ai noirci des pages entières de carnets de tout ce
qui devait disparaître de ma vie. C'était grisant, cette sensation de clarté.
"Enfin, je sais ce qui ne me convient pas."
avant l'effondrement.
C'était l'instinct de survie après des mois (ou des années) de sur-adaptation, de lutte, d'ajustements... l’ultime recours.
C'était un peu comme se battre contre les flots d'une mer déchaînée, le
coup de pieds au fond pour remonter à la surface...
Je sortais la tête de l'eau et ... ça recommençait.
J'avançais à l'aveugle, je me laissais ballotter par le flot de la vie, je
réagissais quand ça devenait trop douloureux.
Pourquoi ? Parce que je ne savais pas faire autrement. Je ne savais pas
ce que je voulais créer.
Parce que déterminer ce qu'on ne veut plus est bien plus facile que savoir ce qu'on veut.
Pour identifier ce qu'on ne veut plus, il sufft d'écouter nos émotions, nos
frustrations, nos refus. C'est viscéral. C'est réactif. Ça vient du ventre, de
la gorge qui se serre, du corps qui dit non.
Mais savoir ce qu'on veut vraiment ? Ça demande de sortir du mode
automatique. Et c'est là que ça se complique.
Pourtant, c'est le début d'une aventure exaltante et terriblement
puissante aussi — c'est oser devenir soi. Vraiment soi.
Pas ce que les autres veulent pour nous, pas ce qui ferait plaisir à..., pas
ce qu'il faut que... Ce que je veux. Vraiment. Pour moi.
On vit en mode réaction permanente. On répond aux sollicitations, on
gère les urgences, on éteint les feux, on s'adapte. Mais prendre le temps
de s'arrêter, de se poser, de se demander "Qu'est-ce que je veux, moi,
vraiment ?" — ça n'arrive presque jamais.
Parce que personne ne nous l'apprend.
On nous apprend à être sages, à ne pas déranger, ne pas crier trop fort,
On nous apprend à nous adapter, parce que la vie peut être dure,
On nous apprend éventuellement à identifier nos problèmes.
Mais qui nous apprend à :
Depuis l'enfance, tout a été dicté. "Tu dois faire ci. Tu ne dois pas faire ça.
C'est bien. C'est mal." Des règles, des interdits, des attentes.
Un cadre qui nous structure, certes, mais qui nous coupe aussi de notre
propre boussole intérieure.
Nos sociétés ne nous encouragent pas à nous écouter.
Elles nous apprennent à obéir, à nous conformer. Pas à désirer, questionner, créer.
Je parle de ces structures d'autorité verticales où quelqu'un d'autre sait
mieux que toi ce qui est bon pour toi.
Où on nous dit ”Je suis fier de toi !” pas ”Tu peux être fier de ce que tu as
accompli”… L'obéissance est valorisée au détriment de l'autonomie.
Et adulte, on se retrouve avec cette question vertigineuse : "Mais au
fond… qu'est-ce que je veux, moi ? pour moi "
Et on ne sait pas répondre.
Savoir ce qu'on ne veut plus, c'est être encore dans la réaction.
On fuit quelque chose. On se protège. C'est essentiel, mais ce n'est pas
suffsant.
C'est arrêter de subir et commencer à construire. C'est oser formuler un
désir sans se justifier. C'est se donner la permission de vouloir quelque
chose pour soi — juste parce que ça nous fait vibrer.
Et ça, personne ne peut le faire à ta place.
C'est un travail d'archéologie intérieure. Creuser sous les couches
d'injonctions, de peurs, de "il faudrait que", pour retrouver ce qui pulse en
dessous. Ce qui est vraiment à toi.
Ça demande du temps. Du calme intérieur. De l'honnêteté.
Et surtout, ça demande de se donner la permission de désirer sans se
censurer.
Même si c'est farfelu. Même si ça fait peur. Même si tu ne sais pas encore
comment y arriver.
Parce que la vraie liberté commence là : dans cet espace où tu te
donnes enfin le droit de savoir ce que tu veux. Vraiment.
Petite lorsque je disais ”je veux...” ma grand-mère me
répondait “le Roi dit Nous voulons!”... je ne savais pas trop ce
qu'elle voulait dire, je comprenais juste que n'étant pas le roi...
je n'avais pas le droit de dire Je veux...
Alors aujourd'hui je te propose de jouer à La Reine
Pendant une semaine, tiens un petit carnet (ou une note
dans ton téléphone, soyons réalistes) et note, sans filtre, tout
ce qui te traverse quand tu te poses la question : "Qu'est-ce
que je veux, là, maintenant ?"
Pas besoin que ce soit profond ou philosophique. Pas besoin
que ce soit réaliste ou raisonnable.
L'idée, c'est de réhabituer ton cerveau à formuler des désirs.
Sans jugement. Sans censure. Sans te demander si c'est
possible ou comment tu vas faire.
Juste : qu'est-ce que je veux ?
Au bout d'une semaine, relis ta liste. Tu seras surprise de ce
qui en ressort. Des patterns. Des envies récurrentes. Des
désirs que tu n'osais même pas t'avouer.
Et peut-être — juste peut-être — une envie qui te fait vibrer
plus que les autres. Celle-là, garde-la précieusement. C'est
par elle que ça commence.
À tout bientôt
Sophie
Imparfaitement... créative et libre 🐙