Latitude n°3 — Se sentir libre, c'est... vouloir ou pas


Latitude n°3 — Se sentir libre, c'est... vouloir ou pas

Décembre 2025

Tu veux ou tu veux pas ..???

Se sentir libre, c'est... savoir ce qu'on veut vraiment !

Savoir ce qu'on ne veut plus, c'est déjà bien. Savoir ce

qu'on veut vraiment, c'est ESSENTIEL.

J'ai longtemps été assez fière de savoir mettre un terme définitif à ce que

je ne voulais plus. Dans ces cas-là, je ne tergiverse pas. Je tranche dans

le vif, et c'est fini.

Durant des années, j'ai noirci des pages entières de carnets de tout ce

qui devait disparaître de ma vie. C'était grisant, cette sensation de clarté.

"Enfin, je sais ce qui ne me convient pas."

  • Non aux relations toxiques.
  • Non aux compromis qui m'épuisent.
  • Non aux projets qui ne me ressemblent pas.
  • Non aux silences avalés et aux sourires forcés.
  • Non à ce travail qui m'étouffe.

Ce que je ne réalisais pas, c'est que ces ”non”, étaient l'ultime parade

avant l'effondrement. 

C'était l'instinct de survie après des mois (ou des années) de sur-adaptation, de lutte, d'ajustements... l’ultime recours.

C'était un peu comme se battre contre les flots d'une mer déchaînée, le

coup de pieds au fond pour remonter à la surface... 

Je sortais la tête de l'eau et ... ça recommençait.

J'avançais à l'aveugle, je me laissais ballotter par le flot de la vie, je

réagissais quand ça devenait trop douloureux.

Pourquoi ? Parce que je ne savais pas faire autrement. Je ne savais pas

ce que je voulais créer.

Parce que déterminer ce qu'on ne veut plus est bien plus facile que savoir ce qu'on veut.

Pour identifier ce qu'on ne veut plus, il sufft d'écouter nos émotions, nos

frustrations, nos refus. C'est viscéral. C'est réactif. Ça vient du ventre, de

la gorge qui se serre, du corps qui dit non.

Mais savoir ce qu'on veut vraiment ? Ça demande de sortir du mode

automatique. Et c'est là que ça se complique.

Pourtant, c'est le début d'une aventure exaltante et terriblement

puissante aussi — c'est oser devenir soi. Vraiment soi.

Pas ce que les autres veulent pour nous, pas ce qui ferait plaisir à..., pas

ce qu'il faut que... Ce que je veux. Vraiment. Pour moi.

Le courage de désirer

On vit en mode réaction permanente. On répond aux sollicitations, on

gère les urgences, on éteint les feux, on s'adapte. Mais prendre le temps

de s'arrêter, de se poser, de se demander "Qu'est-ce que je veux, moi,

vraiment ?" — ça n'arrive presque jamais.

Parce que personne ne nous l'apprend.

On nous apprend à être sages, à ne pas déranger, ne pas crier trop fort,

On nous apprend à nous adapter, parce que la vie peut être dure,

On nous apprend éventuellement à identifier nos problèmes.

Mais qui nous apprend à :

  • rêver sans nous censurer ?
  • désirer sans nous juger ?
  • vouloir sans nous justifier ?
  • surmonter nos croyances, nos peurs ?

Depuis l'enfance, tout a été dicté. "Tu dois faire ci. Tu ne dois pas faire ça.

C'est bien. C'est mal." Des règles, des interdits, des attentes.

Un cadre qui nous structure, certes, mais qui nous coupe aussi de notre

propre boussole intérieure.

Nos sociétés ne nous encouragent pas à nous écouter. 

Elles nous apprennent à obéir, à nous conformer. Pas à désirer, questionner, créer.

Je parle de ces structures d'autorité verticales où quelqu'un d'autre sait

mieux que toi ce qui est bon pour toi.

Où on nous dit ”Je suis fier de toi !” pas ”Tu peux être fier de ce que tu as

accompli”… L'obéissance est valorisée au détriment de l'autonomie.

Et adulte, on se retrouve avec cette question vertigineuse : "Mais au

fond… qu'est-ce que je veux, moi ? pour moi "

Et on ne sait pas répondre.

Savoir ce qu'on ne veut plus, c'est être encore dans la réaction.

On fuit quelque chose. On se protège. C'est essentiel, mais ce n'est pas

suffsant.

Savoir ce qu'on veut, c'est passer en mode créatif.

C'est arrêter de subir et commencer à construire. C'est oser formuler un

désir sans se justifier. C'est se donner la permission de vouloir quelque

chose pour soi — juste parce que ça nous fait vibrer.

Et ça, personne ne peut le faire à ta place.

C'est un travail d'archéologie intérieure. Creuser sous les couches

d'injonctions, de peurs, de "il faudrait que", pour retrouver ce qui pulse en

dessous. Ce qui est vraiment à toi.

Ça demande du temps. Du calme intérieur. De l'honnêteté.

Et surtout, ça demande de se donner la permission de désirer sans se

censurer.

Même si c'est farfelu. Même si ça fait peur. Même si tu ne sais pas encore

comment y arriver.

Parce que la vraie liberté commence là : dans cet espace où tu te

donnes enfin le droit de savoir ce que tu veux. Vraiment.

L'expérience imparfaite 🙌🏼

Petite lorsque je disais ”je veux...” ma grand-mère me

répondait “le Roi dit Nous voulons!”... je ne savais pas trop ce

qu'elle voulait dire, je comprenais juste que n'étant pas le roi...

je n'avais pas le droit de dire Je veux...

Alors aujourd'hui je te propose de jouer à La Reine

Pendant une semaine, tiens un petit carnet (ou une note

dans ton téléphone, soyons réalistes) et note, sans filtre, tout

ce qui te traverse quand tu te poses la question : "Qu'est-ce

que je veux, là, maintenant ?"

Pas besoin que ce soit profond ou philosophique. Pas besoin

que ce soit réaliste ou raisonnable.

  • Je veux dormir dix heures d'afflée.
  • Je veux qu'on me foute la paix.
  • Je veux voyager au Japon.
  • Je veux qu'on reconnaisse mon travail.
  • Je veux manger du chocolat sans culpabiliser.
  • Je veux changer de vie.

L'idée, c'est de réhabituer ton cerveau à formuler des désirs.

Sans jugement. Sans censure. Sans te demander si c'est

possible ou comment tu vas faire.

Juste : qu'est-ce que je veux ?

Au bout d'une semaine, relis ta liste. Tu seras surprise de ce

qui en ressort. Des patterns. Des envies récurrentes. Des

désirs que tu n'osais même pas t'avouer.

Et peut-être — juste peut-être — une envie qui te fait vibrer

plus que les autres. Celle-là, garde-la précieusement. C'est

par elle que ça commence.


À tout bientôt

Sophie

Imparfaitement... créative et libre 🐙