Et tu arrives à Valparaiso…
Et là de nouveau on te dit “ATTENTION tu es en Amérique Latine… ! Tu es étranger, tu es une cible… ne sort pas la nuit…ne prend pas cet appart le quartier est PELIGROSO ! …“
Et en fonction des personnes avec lesquelles tu discutes tu te rends compte que le « quartier dangereux » n’est plus le même… alors tu commences à relativiser un peu… De toute façon je n’ai pas prévu de me balader la nuit, de toute façon je ne porte pas de bijoux, pas de vêtements de marque… Finalement je suis dans une grande ville, Valparaiso, Paris ou Marseille… ”ici comme ailleurs”… malheureusement je garde la même vigilance.
Valparaiso ! Pour Thiébaut et moi c’était un mythe. La perle du Pacifique ! La ville bohème par excellence, la ville des artistes, des poètes, la ville aux mille couleurs, la ville qui a les pieds dans l’océan et la tête dans les nuages…
Oui… et comme souvent lorsqu’on confronte le mythe au réel, il s'effondre…
Valparaiso c’est avant tout un port industriel ! Un ÉNORME port industriel qui vit jour et nuit sans relâche.
C’est une ville tentaculaire qui déploie ses quartiers, avalant les 45 collines qui l’encerclent les unes après les autres.
Valparaiso est tout à la fois ; une agglomération trépidante (3ème ville et 1er port, centre universitaire, culturel, militaire, touristique… ), une ville fantôme (de très nombreux bâtiments abandonnés tombent en ruine en plein centre ville) et une ville bohème dont les murs et les façades expriment à la fois la poésie et l’engagement politiques des Chiliens.
Cette ville me fait penser à une peinture de Toulouse Lautrec. Elle serait une vieille femme, qui tente désespérément de cacher la décrépitude de sa splendeur sous l’artificiel éclat de son maquillage et de ses bijoux.
Ce sont des édifices, monuments, bâtisses qui sombrent progressivement vers la ruine sous les couleurs des fresques.
Il paraît qu’elle est en train de renaître depuis son inscription au patrimoine de l’Unesco…Pourtant les rénovations de certains quartiers touristiques semblent résulter principalement d’initiatives privées. Les maisons rachetées par des fortunes, chiliennes ou étrangères, sont transformées en hôtels, restaurants et galeries d’art, chassant progressivement les habitants vers les périphéries… ”ici comme ailleurs”
Paulo, professeur de biologie, originaire de Valparaiso, et guide touristique le samedi, nous raconte comment sa famille a dû vendre leur grande maison construite en adobe traditionnelle dans le cœur de Valparaiso, faute d’avoir les moyens de l’entretenir.
Concernant notre quotidien ici, nous avions choisi, au départ, de loger dans une auberge de jeunesse… pour la dynamique, les rencontres, la diversité… et parce que sur les photos ça avait l’air sympa, accueillant et chaleureux.
Est-ce parce que nous ne sommes plus « de la première jeunesse », ou est-ce tout simplement le lieu choisi… ? Mais au bout de 3 jours nous avions hâte de quitter les cuisines et les salles de bain partagées à la propreté disons… aléatoire et superficielle.
Actuellement nous sommes dans le quartier du port. Une autre expérience, populaire, animée… bruyante. Nous migrons bientôt vers un quartier plus paisible…
La suite au prochain numéro :)
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On se retrouve bientôt sur le chemin de la liberté